La Rochelle expérimente une coopérative carbone

11 novembre 2020

La restauration du Marais de Tasdon à La Rochelle permet de séquestrer du Co2. Photo Julien Chauvet- Ville de La Rochelle

« La Rochelle zéro carbone » comprend un dispositif d’émission et de vente de crédits carbone à l’échelle du territoire.

Réduire de 30% ses émissions carbone d’ici 2030 et devenir le premier territoire littoral neutre en carbone en 2040. C’est l’objet de « La Rochelle territoire zéro carbone », un projet territorial et partenarial distingué en septembre 2019 dans le cadre de l’appel à projets TIGA (Territoires d’innovation grande ambition) piloté par la Banque des Territoires. Cette ambition mobilise pas moins de 130 partenaires publics et privés, dont la ville de La Rochelle, la communauté de communes, l’Université, le port Atlantique, l’association Atlantech et son réseau d’acteurs.

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Une multitude d’initiatives ont contribué à cette sélection, dont une coopérative carbone.  Une idée née du constat que « Les projets institutionnels ne suffiront pas, il faut aussi capter de plus petits projets, diffus par essence, y compris des initiatives citoyennes », explique Anne Rostaing, qui pilote la coopérative.  Or ces petits projets ont un grand besoin d’accompagnement, notamment sur le plan financier. « Ce qui implique de donner une valeur monétaire aux réductions d’émissions attendues, afin de dégager un financement. »  D’où la coopérative carbone.

Plantations, rénovations, verdissement de flottes

Une initiative qui a pris toute sa dimension avec la naissance du label bas-carbone. Adopté en novembre 2018, il fournit un cadre de certification carbone national volontaire et ouvre la voie à la certification de projets locaux de séquestration carbone ou de réduction d’émissions. « Nous avons d’abord soumis à l’Etat une méthode d’évaluation, qui a été agréée », témoigne Anne Rostaing.

La coopérative carbone, créée sous forme d’une SCIC (société coopérative d’intérêt collectif), a pour mission d’accompagner les projets, les évaluer et les instruire pour l’obtention du label. Ce dispositif, qui permettra l’émission et la vente de crédits carbone à l’échelle du territoire, s’inscrit dans un objectif de massification.

Une plateforme des projets certifiés sera lancée en décembre. Les porteurs de projets peuvent être des entreprises, des collectivités, des associations, voire des citoyens. Il s’agit essentiellement de séquestration de carbone via des plantations, ou de réduction d’émissions grâce à la réhabilitation de bâtiments ou au verdissement de  flottes de véhicules.

Forte appétence pour des projets locaux

Les entreprises souhaitant compenser ou contribuer à la réduction de leur empreinte carbone pourront y choisir quels projets ils désirent soutenir financièrement, en étant assurées de la réalité de l’impact sur les émissions de CO2. Elles pourront en outre communiquer autour de cette démarche, sans être soupçonnées de greenwashing. La réglementation actuelle ne permettant pas de péréquation, les transactions se feront de gré à gré, en fonction du coût de chacun des projets, par l’intermédiaire de la coopérative. La tonne de carbone séquestrée ou évitée revient à un coût de 30 à 100€, plus élevé que sur le marché.

Malgré cela, « de nombreux acteurs locaux, ayant un  site sur le territoire ou tout simplement attachés à la région, manifestent un fort intérêt pour ces projets », affirme Anne Rostaing.

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