Le plan « Petites villes de demain » intègre les enjeux climat et biodiversité

L'écopaturage est désormais incontournable à Bouguenais. Photo Ville de Bouguenais

Associer adaptation, biodiversité et développement territorial ne va pas toujours de soi. A la faveur du plan de relance, le lien entre ces différents sujets fait son chemin.


Les petites villes aussi ont droit à la transition climatique. Dans le cadre du plan de relance, une enveloppe de 3 milliards d’euros est prévue pour revitaliser ces collectivités de moins de 20.000 habitants, où vivent 38 % de la population française ; l’Etat vise plus précisément des « petites centralités », soit 1000 communes identifiées comme représentant le centre d’une dynamique locale, parfois situées à la périphérie de villes importantes. Et au menu de cette revitalisation, plusieurs types de projets concernent l’adaptation au changement climatique et la prise en compte de la biodiversité. « Ce programme s’inscrit dans la droite ligne du plan de relance, en concrétisant la « nouvelle donne territoriale » et ses deux piliers : la transition écologique et la résilience », a expliqué la ministre de la cohésion des territoires, Jacqueline Gourault.


Des attentes réelles

Les petites villes n’ont toutefois pas attendu l’Etat pour bouger. « Il y une réelle attente localement, mais c’est aussi parce que la transition y a déjà largement démarré. Les petites villes ont un intérêt budgétaire à s’engager, par exemple pour réduire leurs dépenses d’éclairage. Mais la transition est aussi un outil au service du développement local » explique Sacha Bentolilla, conseiller à l’Association des Petites Villes de France. Localement, les petites villes qui ont pris le sujet en amont parviennent souvent à créer de nouvelles dynamiques. Ainsi à Liffré, en Ille-et-Vilaine, le développement de biogaz, d’énergie solaire et de transports collectifs dans le cadre de l’établissement du plan climat représente une réponse de choix face aux déboires de certaines industries locales.


Des sujets vecteurs de développement et d’attractivité

La revitalisation des centres-villes souvent désertés des plus petites villes, qu’il s’agisse des commerces ou des habitations, est bien sûr au cœur du projet « Petites villes de demain ». La transition écologique peut être un vecteur de cette revitalisation : rénover les bâtiments permettra de développer l’emploi local, restaurer l’habitat de lutter contre l’étalement urbain. Contrairement au plan « Cœur de ville » ciblant les villes moyennes en 2019, et dont il est inspiré, le gouvernement veut désormais prendre des mesures pour densifier l’habitat. Mais sans créer de nouvelles normes, insistent les associations d’élus, qui ne veulent surtout pas que des modifications de règles de PLU viennent encore compliquer le mille-feuilles de normes existantes. Le nouveau plan « Petites villes » insiste donc sur le recours aux espaces disponibles plutôt qu’à l’étalement, par la mise en valeur des friches industrielles, qui peuvent être l’occasion de reverdir la ville et donc la rendre plus attrayante. La prise en compte de la biodiversité est encore un sujet à conquérir bien souvent dans les petites villes, même si certaines ont été précurseurs. Ainsi à Bouguenais (Loire-Atlantique), les terrains enherbés sont entretenus par des moutons depuis plus de 4 ans.