L’impact climat des banques mis au grand jour

28 octobre 2020

Les investissements de la Banque Postale ont un impact sur le climat plutôt plus faibles.

Plusieurs ONG et Carbone4 ont passé au crible l’impact des actifs des banques sur le climat. L’argent des Français émet 8 fois plus de Co2 qu’eux.

A la veille du Climate Finance Day, grand raout de la finance française autour des enjeux du climat, l’ONG Oxfam a attaqué le secteur dans un nouveau rapport mettant en avant l’impact de leur gestion.

Financement du monde tel qu’il existe

Le fait est que les banques françaises, comme les autres, financent le monde tel qu’il existe : drogué aux énergies fossiles. Si certaines sont en train de sortir du charbon, toutes financent des projets de gaz, de pétrole voire d’autres énergies peu vertes, comme l’hydrogène issu d’énergies fossiles. Elle financent aussi d’autres industries très émettrices : la sidérurgie, les mines, la chimie, ainsi que toute l’industrie agroalimentaire et les acteurs liés à la déforestation. C’est pourquoi Oxfam estime qu’elles financent un monde qui nous mène à une hausse des températures de 4°C, et non de 1,5 °C comme le prévoit l’Accord de Paris.

Les banques dénoncent la méthode

Pour le président de BPCE, Frédéric Mignon, qui dirige aussi la Fédération des banques françaises, cette analyse a un problème de méthode. « Il n’existe pas de méthode de calcul fiable qui permette d’évaluer les émissions de Co2 des investissements » a-t-il assuré dans Les Echos. Le dirigeant reproche aussi aux ONG de s’appuyer sur des données de 2017.

Oxfam propose un calculateur qui ne fait pas la distinction entre les types de placements. Et attribue simplement un taux d’émission de Co2 par tranche de montant investi. Ainsi un investissement de 100.000 euros chez BNP Paribas pèse 60 tonnes de CO2, contre 35 chez Banque Postale – ce qui reste trois fois les émissions annuelles d’un Français (11).

Ces données un peu générales s’expliquent par le manque d’informations publiées par les banques. Elles donnent néanmoins une indication quant aux stratégies adoptées par les différentes banques. Ainsi, la Banque Postale s’avère être la moins émettrice ; elle a aussi été la seule banque française à porter un amendement réclamant à Total des engagements plus concrets sur le climat lors de son assemblée générale au printemps dernier. Par ses activités locales, la Banque Postale est aussi moins susceptible de financer des projets d’extraction d’énergies fossiles.

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Le manque de transparence des banques sur leur impact climatique est ce qui a poussé à la création d’une nouvelle banque en ligne dont les dépôts ne serviront à financer que des activités non émettrices de Co2, Helios. « Quand on se rend compte que l’empreinte carbone des banques françaises est 8 fois celle de la France, on se dit qu’il y a vraiment un levier à actionner sur la finance » constate Maëva Courtois, co-fondatrice d’Helios. Elle dit apprécier particulièrement la calculatrice proposée par Oxfam, qui permet de donner un ordre de grandeur facilement compréhensible. Et ce contrairement à la complexité des multiples critères de l’investissement socialement responsable.

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