• Dominique Pialot

Anne Claudius-Petit :« L’économie circulaire, un levier pour la neutralité carbone de la région. »


Anne Claudius-Petit, vice-présidente de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur

Vice-présidente de la région Sud, en charge des commissions « Biodiversité, plans naturels régionaux/mer » et « Croissance verte/transition écologique/énergie/déchets », Anne Claudius-Petit, présente sur le salon Produrable qui draine de plus en plus de collectivités, détaille les actions de son territoire en matière d'économie circulaire.


Vous avez entrepris de nombreuses actions sur le front de l’économie circulaire, est-ce une priorité ?

C’est un levier important pour atteindre l’objectif de neutralité carbone fixé par « Une COP d’avance », le plan climat régional. Et, qu’il s’agisse de quantité de déchets par personne ou de tri, nous ne sommes pas une région modèle… Mais nous ne restons pas inactifs : le programme Trajec, soutenu par l’Ademe, permet d’incuber des démarches d’économie circulaire et offre aux acteurs l’opportunité de se développer localement ; Regal’IM est un réseau de lutte contre le gaspillage alimentaire ; ProValoTri est un appel à projets portant sur la modernisation et la création de sites de gestion des déchets des professionnels dont ceux du BTP…Toujours pour ce secteur, nous avons créé un « club des maîtres d’ouvrages » regroupant des architectes, bureaux d’études, fabricants de matériaux… pour faire progresser le recours aux matériaux secondaires via de la sensibilisation et de la formation. Les taux de recyclage dans le bâtiment varient énormément d’un département à un autre.

Vous avez également créé une plateforme régionale de l’économie circulaire, quelle forme prend-elle ?

Cette initiative menée dans le cadre d’un partenariat avec la Banque des Territoires doit aider à lever les blocages pour développer l’économie circulaire dans toutes les entreprises et associations de la région. La forme précise que cela prendra, site internet, annuaire ou autre, reste à déterminer avec les groupes de travail auxquels participent déjà une centaine de personnes. Dans le cadre d’un projet européen LIFE, nous travaillons depuis trois ans avec les EPCI (établissements publics de coopération) du Var et des Bouches du Rhône en finançant la mise aux normes d’installations, la formation d’ambassadeurs du tri ou encore des dispositifs innovants de collecte de verre ou de plastique. Cela nous a permis d’impulser une dynamique, que nous allons élargir via des contrats d’objectifs déchets.


Quels sont les principaux freins que vous rencontrez en matière d’économie circulaire ?

Sur les déchets d’activité économique, il faut démontrer que ce n’est pas une fatalité, qu’on peut les éviter à la source, les valoriser en tant que ressources…Nous nous efforçons d’ailleurs de mettre en avant les initiatives positives pour faire des émules. Concernant les déchets des particuliers, certaines collectivités voient le sujet dans sa globalité quand d’autres se contentent de gérer des flux, il y a beaucoup d'hétérogénéité. Nous avons besoin de financements pour pouvoir atteindre les objectifs fixés à l’échelle nationale par la loi de transition énergétique, d’autant plus que nous partons de loin.


Marseille accueille en janvier prochain le congrès mondial de la nature organisé par l’UICN. Que fait la Région sur ce sujet ?

Nous sommes concernés à plusieurs titres. La région est un hotspot de biodiversité, la Méditerranée est la mer la plus polluée par le plastique, nous sommes durement frappés par les impacts du changement climatique, avec des sécheresses, des incendies…Nous avons signé un manifeste avec l’UICN dans lequel nous nous engageons à aller plus loin sur la biodiversité. Sur la pollution au plastique, nous travaillons avec une association qui récolte les déchets en bord de mer et de rivière avec l’objectif de créer une base de données permettant de caractériser les déchets et d’élaborer des outils pour agir. Nous avons également plusieurs initiatives portant sur la navigation, telles que Ports propres ou Escale sans fumée. Nous avons en effet pas moins de 150 ports, mais aussi des bassins de réparation et travaillons à la fois avec les ferries et les navires de croisière, dont les enjeux sont très importants.