• Dominique Pialot

Au cœur du Berry, l’éolien fait l’unanimité


Saint-Georges-sur-Arnon (Indre) s’apprête à agrandir son parc éolien qui lui a déjà permis de financer de nombreux services publics. Pour son maire, Jacques Pallas, la concertation permanente a été clé dans la réussite du projet.


A 69 ans, Jacques Pallas entame son cinquième mandat à la mairie de Saint-Georges-sur-Arnon, un village de 589 habitants dont la population a doublé en 30 ans. Il s’y est d’ailleurs « confiné » en cette fin mars. Il fait partie des heureux élus qui n’auront pas à attendre le second tour de ces drôles de municipales. Le parc éolien de 46 mégawatts (MW) construit entre 2005 et 2009 n’est sans doute pas étranger à sa popularité. Les 14 éoliennes implantées sur la commune rapportent 144.000€ par an. De quoi financer la halte-garderie, le bus, la bibliothèque, trois tranches d’assainissement, la rénovation de l’éclairage public… Outre une indemnisation foncière pour les propriétaires de 5.600 € par mât en moyenne dans l’Indre, « les recettes fiscales se montent à 11.000 €/MW, dont 20% pour la commune, 50% pour l’intercommunalité et 30% pour le département », précise le maire.

Un parc construit en un temps record

Cet ancien cheminot et syndicaliste (CGT), originaire de Villeneuve-sur-Lot dont il a conservé l’accent malgré 11 ans passés à la Fédération à Montreuil, en est convaincu : s’il a réussi à faire construire ce parc éolien en 4 ans et 8 mois, un record dans un pays où les recours sont responsables de délais parmi les plus longs d’Europe, c’est parce qu’il a « appliqué la démocratie, réuni les habitants tous les trois ou quatre mois et expliqué en permanence ce qu’était l’éolien, son impact sur le paysage, la faune, etc. » 

Le développeur Nordex a été choisi en 2005, « alors qu’on n’avait encore aucun retour d’expérience sur cette énergie, rappelle le maire. Ils se sont occupés de tout, nous avons acheté le parc clé en main. » Cinq éoliennes appartiennent en effet à la commune, et affichent un TRI (taux de rentabilité interne, ndlr) de 13 à 15% en moyenne, à faire pâlir bien des investisseurs. Développeur mais aussi fabricant d’éoliennes, Nordex garantit une disponibilité de ses machines de 97%. 

Une commune engagée dans la transition énergétique

En août prochain, le parc va s’agrandir de 11 éoliennes supplémentaires, avec un financement ouvert aux riverains, toujours avec Nordex, qui entretemps a implanté à Saint-Georges un centre de maintenance employant plus de 20 salariés.

Le parc actuel permet d’éviter l’émission de 78.500 tonnes de CO2 par an, et au fil des années, d’autres projets de transition ont vu le jour : un véhicule électrique acheté par la mairie, quatre stations photovoltaïques, un projet d’hydrogène mobilité ou encore des ombrières de parking et une Smartflower installée par EDF, qui permet à la mairie de pratiquer l’autoconsommation.

« A trois millions d’euros l’éolienne, ce genre de projet change de la gestion des nids de poule, reconnaît Jacques Pallas. Mais je suis personnellement très inquiet au sujet du climat, de la biodiversité…et j’estime que c’est de la responsabilité du maire de prendre ces sujets à bras le corps. »