Bourg-en-Bresse veut favoriser les produits locaux malgré le confinement


La ville de l’Ain a fermé ses marchés, mais propose aux producteurs de venir livrer leurs commandes en ville, grâce à une plate-forme de mise en relation avec les consommateurs.


L’agroécologie, une solution anti-crise et favorable au changement climatique ? Pour l’ONG EEB, c’est une évidence : la crise sanitaire doit accélérer la réflexion sur la résilience de l’agriculture. Pour le maire socialiste de Bourg-en-Bresse, Jean-François Debat, aussi.

La ville au cœur de la Bresse se trouve aussi au sein d’un bassin de 140.000 habitants, et ses marchés sont très fréquentés : une centaine de commerçants et plusieurs milliers de personnes y viennent y faire leurs courses deux fois par semaine, les mercredi et samedi.

« Mercredi dernier, on a vu que des gens venaient de loin, et aussi qu’il y avait beaucoup de monde. J’ai donc décidé d’annuler les marchés suivants pour un motif sanitaire » explique le maire.

Mais pour permettre aux habitants de consommer local, et protéger les producteurs dont les ventes risquent d’être sérieusement affectées par le confinement, le maire a aussitôt proposé une solution intermédiaire : recourir à une plate-forme mise en place il y a deux ans par la mairie, où les producteurs peuvent entrer en contact avec leur clientèle : Etik’table.


Livraison directe en ville

Certains fabricants de fromages de chèvres, maraîchers et autres éleveurs de poulets de Bresse sont déjà accrédités par la mairie, et peuvent ainsi recevoir les commandes, par téléphone ou mail. La mairie leur propose ensuite de venir livrer leur production dans la ville, une fois par semaine, en s’installant sur un site pour un créneau de deux heures. « On essaie de favoriser la vente directe depuis longtemps, donc on avait déjà la logistique nécessaire. Ce que je propose, c’est de l’étendre » explique le maire qui a refusé la demande de fédérations agricoles de rouvrir les marchés, mais les enjoint à utiliser ces plateformes.

La priorité est donnée aux producteurs mais on pourrait aussi accueillir un ou deux revendeurs : les riches plaines de Bresse sont propices à toute sorte d’agriculture, mais pas aux fruits qui en sont absents.

Cette démarche devrait faire des émules, alors que le Premier ministre, Edouard Philippe, a interdit le 23 mars la tenue des marchés importants.