Le vélo, une solution anti-virus pour l'après confinement


Interdit au début du confinement, puis toléré pour faire des courses, le vélo est finalement envisagé comme solution anti-virus pour la sortie du confinement après le 11 mai.

Solution de transport individuelle donc a priori sans risque de transmission de virus, le vélo avait été blacklisté par l’administration française dès le début du confinement. Une erreur liée à une perception erronée de l’usage du véhicule par l’administration, qui le juge récréatif, alors qu’il est surtout, et de plus en plus, utilitaire.


Piétonnisation et priorité aux vélos dans de nombreuses capitales

Et alors que les appels à sortir des énergies fossiles se multiplient, le recours au vélo est de surcroît nettement plus pertinent. Dans de nombreuses villes dans le monde, l’usage de la voiture est limité, voire prohibé dans certaines portions de territoires durant le confinement, afin de laisser plus de place aux piétons et aux vélos, et d’autoriser la distanciation sociale.

En France au contraire, des pistes cyclables ont été fermées, comme les voies sur berge à Paris, en raison d’une trop grande affluence – non pas de vélos , mais de piétons. Et le bitume reste réservé aux moteurs thermiques. A New-York ou Berlin, les mairies ont improvisé la piétonnisation de rues et aménagé des voies vélo sommaires. En Nouvelle-Zélande, la ministre des transports a même ouvert des financements pour les villes qui souhaitent développer rapidement cet « urbanisme tactique » : aménager des voies vélo protégées provisoires, avec de la peinture et des plots. La ministre, diplômée en urbanisme, a vite anticipé que la sortie du confinement ne se ferait pas sans méfiance envers les transports en commun.


Un temps de retard en France

Mais la perception du vélo en France est en train de changer. A Paris, Velib a pris l’initiative, fin mars, de proposer ses vélos gratuitement durant une heure pour aller faire des courses.

Mieux, le premier adjoint à la Maire de Paris Emmanuel Grégoire a évoqué la possibilité de transformer des boulevards de la capitale en pistes cyclables.

Et la ministre des transports Elisabeth Borne a demandé au président de l’association Villes Cyclables, Pierre Serne, de faire remonter les problèmes techniques qui pourraient se poser en cas de multiplication ou d’agrandissement du réseau de pistes cyclables. Et ils sont nombreux, pour l’heure.

Selon le baromètre publié par l’association cet hiver, sur 768 villes étudiées en France par l’association, seules 43 villes obtiennent une note supérieure à la moyenne quant aux conditions de pratique du vélo, les cyclistes pointant de nombreux lieux de danger, soit au total…400.000 points noirs. Un vrai frein à la pratique du vélo selon la Fédération des Usagers de Bicyclettes, qui souligne néanmoins qu’une grande partie des cyclistes ont remarqué une amélioration de la situation ces deux dernières années, alors que le nombre de kilomètres de voies cyclables se multipliait.


Indispensable outil du déconfinement, le vélo pourrait bien aussi l’être pour les prochaines vacances. C’est en tout cas le pari de l’association Vélo et territoires, qui vient de dévoiler la nouvelle carte des véloroutes de France. Soit plus de 25.000 km, qui ont crû de 2000 km en 2019. La présidente de l’association, Chrystelle Beurrier, vice-présidente du conseil départemental de Haute-Savoie, appelle à cette occasion l’UE à miser sur le vélo pour son budget 2021-2027, rappelant qu’un kilomètre d’itinéraire cyclable représente de 12 à 80.000 euros de recettes en hébergement et recettes diverses.