Les 5 infos climat/biodiversité de l'été


La sécheresse de la végétation vivante en France, au 24 aout

Pour la rentrée, Climatico vous propose une séance de rattrapage accélérée sur les principaux sujets estivaux du climat et de la biodiversité.


Le changement climatique s’accélère

Encore un été de records pour les températures, un peu partout dans le monde. Plusieurs vagues de canicule, des périodes durant lesquelles la chaleur dépasse de 5°C les témpératures moyennes habituelles durant trois jours, ont frappé l’Europe, en juin, juillet et août. En France, elles n'ont toutefois pas atteint le seuil des 44°C de 2019 ou la durée de la canicule de 2003. Mais la sécheresse s'est avérée plus sérieuse, notamment en Provence ou dans le Nord. La Vallée de la Mort aux Etats-Unis a enregistré un nouveau record de température, à 54,4°, sans doute la température la plus élevée jamais enregistrée sur la planète. Des coupures de courant ont frappé la Californie, où les feux de forêts se sont multipliés à la suite d’orages impressionnants. La calotte glaciaire au Groenland a énormément fondu en 2019, et des scientifiques commencent à douter de sa capacité à se reformer un jour. Si elle venait à fondre entièrement, des pans entiers du globle seraient menacés par la montée des eaux, notamment en Inde et au Moyen-Orient.


Le pétrole se remet lentement en question

Après les grandes déclarations climat du printemps, plusieurs compagnies pétrolières, dont BP et Total, ont passé cet été d'énormes provisions pour dépréciations d’actifs. La chute du prix du baril et de la demande rendent obsolètes les pétroles les plus coûteux à produire . Certaines compagnies contraintes de laisser du pétrole dans le sol se demandent si chercher de nouveaux gisements vaut la peine, d’autres accélèrent leur virage vers la production d’électricité.


La biodiversité en danger fait parler d’elle

Les pâtures, sans danger pour la biodiversité ? Et bien si, les vaches qui broutent les prairies pénalisent les autres herbivores et les pollinisateurs, selon une étude de l’université de l’état d’Alberta au Canada. Dans le même temps, on réalise que les herbivores, comme les éléphants ou les tortues, qui consomment des quantités importantes de végétaux et se trouvent en bout de la chaîne alimentaire, sont plus exposées à un risque d’extinction que les autres espèces animales, selon les universités britannique de Cambridge et américaine de l’Utah. Ce qui serait dû aux temps relativement long de gestation de ces animaux, ainsi qu’aux risques auxquels ils sont exposés.

Le débordement d’un méthaniseur en Bretagne a entraîné une pollution de l’eau à l’ammoniac, et menacé l’eau du robinet comme la faune locale, au point que le préfet a ordonné la fermeture du site le temps d’une enquête administrative. Un épisode qui relance la controverse sur le développement de ces installations qui produisent du gaz vert.

Des images de l’association L214 montrant des conditions d’élevage catastrophiques de canards destinés à la production de foie gras dans le Sud-Ouest ont conduit à la fermeture de plusieurs sites par le ministère de l’Agriculture, qui condamne pourtant les pratiques des lanceurs d’alerte ayant permis de mettre fin à cette situation.

Enfin la Chine a annoncé que la COP15 sur la biodiversité initialement prévue à Kunming en octobre 2020 serait reportée à mai 2021.


L’adaptation au changement climatique progresse

Les infrastructures majeures vont-elles résister au changement climatique ? La question est d’actualité, alors que certaines centrales nucléaires françaises ont dû cette année encore fermer en raison de la baisse du débit des fleuves ou de la hausse des températures de l’eau, et alors que la Californie a subi plusieurs pannes d’électricité. Selon une étude de McKinsey, certains équipements dont la distribution d’électricité sont particulièrement sensibles au changement climatique, au point que le risque de black-out s’accentue sérieusement avec la hausse des températures ; mais d’autres équipements, comme les télécoms, les transports dont l’avion et le train et la distribution d’eau sont aussi sérieusement exposés, et nécessitent des investissements supplémentaires pour être remis à niveau.

Réduire les émissions de -55 % d’ici 2030 ? C’est possible et techniquement faisable sans dégâts si une taxe carbone aux frontières est mise en place : c’est ce qu’assure le think-tank allemand AgoraEnergiewende, alors que le Parlement européen s’apprête à batailler sur le sujet, et que certains, dont les Verts et la GUE (Gauche unitaire européenne) appellent à une ambition révisée à la hausse te visant une baisse des émissions de -65 %.

La surconsommation de viande doit s’interrompre pour que les Objectifs de Développement Durable soient atteints : les conséquences seront bénéfiques en terme de santé publique, de climat et de de biodiversité, ainsi qu’en termes sociaux selon des universitaires britanniques qui appellent les politiques à se mobiliser pour les solutions végétariennes.


La crise sanitaire a des conséquences inattendues

Une action climatique forte et immédiate permettrait de limiter la hausse des températures à +0,3 °C d’ici 2050, plutôt que +0,6°C. C’est la conclusion d’une équipe de chercheurs, dont la présidente du Haut Conseil sur le Climat français, Corinne Le Quéré, qui ont analysé les données de réduction de la mobilité et des émissions de CO2 constatée durant le début de la crise sanitaire au printemps dernier. Ils en concluent que des mesures fortes peuvent permettre de réduire les émissions de Co2, et donc le niveau de hausse des températures.

Dans la même veine, les coronapistes à vélo ont permis à de nombreux européens de se remettre en selle, notamment dans les grandes villes d’Europe et donc de faire du sport tout en évitant de faire circuler les virus. Si ces pratiques se prolongeaient, elles pourraient générer des bénéfices pour la santé de l’ordre de 3 milliards d'euros par an : les maladies cardiovasculaires souvent associées à l’immobilité et l’obésité sont la première cause de mortalité en Europe.

Parmi les bénéfices économiques inattendus de la crise sanitaire, les commerçants londoniens découvrent que les cyclistes et les piétons ont tendance à dépenser plus que les autres clients. La régie de transport de la capitale britannique à en effet lancé une enquête sur les habitudes des consommateurs, et les habitués de la voiture, qui font plus difficilement du lèche-vitrine, achètent moins dans les centres villes et privilégient les supermarchés de périphérie. Le vélo est donc aussi un remède à la désertification des centres villes, avance la régie de transport britannique qui souligne par ailleurs un moindre absentéisme et une meilleure productivité des adeptes de la marche ou du vélo pour se rendre au travail.