Les candidats aux municipales ont des idées sur le climat

Mis à jour : mars 10


Les candidats français aux élections municipales sont attendus au tournant sur l’enjeu climatique.


Toutes les communes de plus de 20.000 habitants, ou les intercommunalités, doivent présenter des plans « Climat Air Energie », ou PCET. Cela tombe bien : les programmes des candidats ne manquent pas d’imagination sur le sujet.


Faible intérêt pour l'alimentation végétale

L’efficacité du végétarisme ou du veganisme n’est plus à démontrer sur le plan climatique, et moins compliquée ou coûteuse que d’autres mesures comme le bio. La mesure est d’ailleurs la première proposition alimentaire proposée par l’Ademe dans son guide pour les municipales. Pourtant, si le bio est partout dans la campagne, la thématique du pur végétal est rarement évoquée par des maires, visiblement peu pressés de s’attaquer aux amateurs de bœuf bourguignon. Le candidat écolo à la mairie de Bordeaux, Hurmic, tranche : il propose de former les chefs de la restauration collective à préparer une cuisine végétale et à réduire le gaspillage alimentaire.


Les transports publics en première ligne

Côté mobilité, l’idée de sortir la voiture de la ville progresse. A Aubervilliers, le maire communiste en a « marre d’être le parking de Paris » et distribue déjà 60.000 PV par an : il veut piétonniser une vaste zone de son centre-ville. A Lille, le candidat écologiste Stéphane Baly envisage d’interdire les SUV en 2025, et d’ici là de surtaxer leur parking. Au Résau Action Climat, Zoé Lavocat, qui s’est penchée sur les programmes de dizaines de candidats, a un petit faible pour la proposition du candidat socialiste, Patrick Allemand, à Nice, d’installer des racks derrière les autobus pour que les cyclistes puissent faire des pauses. « C’est une mesure très pertinente étant donné le relief de la ville, c’est une réponse aux besoins » assure-t-elle.

Toujours à Nice, le même candidat propose de financer des transports gratuits grâce à une nouvelle taxe de séjour sur les hôtels 4 étoiles et plus de la ville, un secteur très émetteur de gaz à effet de serre. A Nantes, la candidate Julie Laernoes veut fournir des vélos gratuitement à tous les moins de 26 ans, tandis qu’à Lyon, David Kimelfeld, candidat LREM dissident, envisage d’adapter la tarification des transports en fonction des revenus.

A Paris, le départ de Benjamin Griveaux a sonné le glas de l’idée de déplacer la Gare de l’Est, mais le candidat LREM dissident Cédric Villani veut toujours relocaliser l’arrivée de la gare du Nord à Saint-Denis, tandis que le candidat vert David Belliard souhaite couvrir la gare de l’Est de panneaux photovoltaïques et faire un parc végétal d’Est en Ouest, le long de la Seine.


L'adaptation, connait pas

Les candidats sont en revanche moins à l’aise avec les thématiques de l’adaptation à la hausse des températures, rarement évoquées si ce n’est par le biais des programmes de plantation d’arbres. A Marseille, Sébastien Barles propose un « revenu de transition écologique », une initiative en test depuis quelques mois à Grande-Synthe, qui serait financée par des fonds européens, afin d’aider les candidats à la reconversion professionnelle vers des activités propres ou le transport collectif.


Pour organiser leurs idées, et surtout savoir anticiper le futur, le cabinet de conseil Callendar prépare une offre spéciale pour les futurs maires. En s’appuyant sur les données issues des principaux centres de recherche météorologiques, il fournira une estimation des températures et de la pluviométrie attendue dans le siècle qui vient, commune par commune.

« Mon moteur, ça a été la complexité pour beaucoup de communes de mettre en place les plan climat énergie : soit c’était bâclé, soit certains profils très compétents passaient des journées entières sur des tableurs Excel pour envisager la probabilité des vagues de chaleur futures» explique Thibault Laconde, à l’origine de l’initiative.