Les régions françaises consacrent peu de fonds européens au climat


Les milliards déversés sur les régions françaises servent plus à construire des ronds-points qu’à isoler des bâtiments, selon une étude du Réseau Action Climat.


Seulement 16 % des 10 milliards d’euros de fonds européens dédiés aux régions s’orientent vers des investissements climato-compatibles. C’est la conclusion d’une étude réalisée par le Réseau Action Climat pour la période 2014-2020, qui compare la répartition des fonds de deux origines : le Fonds de développement régional, attribué à toutes les régions européennes, et le fonds de cohésion, qui soutient les régions les plus défavorisées.

Un score décevant, dans la mesure où les régions ont une mission attribuée par le plan national énergie climat en France. D'autant plus que d’autres font nettement mieux : les régions autrichiennes ont investi plus de 21 % de leurs fonds régionaux sur le climat, un score qui grimpe à 26 % pour les régions danoises.


En France, certaines régions s’en sortent mieux que d’autres, si l'on considère les anciennes régions : la Lorraine ou la région Rhône-Alpes par exemple s’approchent des moyennes danoises, alors que la région PACA n’a attribué que 14 % des fonds sur la période.

« Il y a une grande diversité dans l’implication des régions sur leurs investissements climat. Ce n’est pas une question de clivage politique, mais plutôt de priorités locales » remarque Neil Makaroff, en charge du sujet climat pour le Réseau action climat.


Retard sur les renouvelables

Mais selon la Commission européenne, le retard d’investissement de la France sur les principaux enjeux de la transition énergétique, qu’il s’agisse d’efficacité énergétique, de renouvelables ou de mobilité, est estimé entre 25 et 40 milliards d’euros par an.

La situation est d’autant plus pénalisante pour la France que le pays est l'un des rares Etat membre très en retard sur son objectif d’énergies renouvelables, comme le montre le graphique ci-dessous : elles devaient représenter 23 % de l’énergie finale en 2020, et elles ne pèsent que 16, 6 % en 2018.


L’autre pays également très en retard sur le sujet, les Pays-Bas, a au moins mobilisé ses régions pour tenter d’y remédier : les régions néerlandaises ont consacré 23 % de leurs fonds régionaux au climat. Rien de tout ca en France, où les régions les plus investies se concentrent surtout sur la biomasse, avec des investissements en agroforesterie. Ce qui s’explique aussi par l’absence totale d’harmonisation des schémas régionaux. Comme le soulignait la Commission européenne dans son rapport automnal du semestre européen appelant la France à plus investir dans les renouvelables ou contre la précarité énergétique, il n’y a aucun suivi ou contrôle de l’action des régions sur le climat.