Manchester investit le sujet climat tous azimuts


Stratégie de neutralité carbone pour 2038, ouverture d'un parc éponge pour gérer les inondations, formation des fonctionnaires...Manchester se lance à bras le corps dans la gestion de la crise climatique


La ville de Manchester a annoncé début mars, son projet de réduire de 50 % ses émissions de Co2 d’ici 2025, avant de devenir neutre en carbone en 2038. Soit 12 ans avant le reste du pays. Un objectif construit progressivement avec le Tyndall Centre for Climate Change.

La ville prévoit d’investir dans le bâtiment, afin d’isoler les bâtiments publics et de faciliter les travaux chez les particuliers, tout en développant des projets d’énergie solaire et éolienne. Elle envisage aussi de réduire la plupart des émissions liées à la municipalité, avec un calcul assez précis de son empreinte carbone. La quasi-totalité des salariés de la ville ont suivi une formation sur les émissions de Co2, et sont incités à monter des projets, tandis que les managers suivent une formation plus poussée sur le climat.


Adaptation : éponger les inondations

Alors que le centre du Royaume-Uni subit des inondations répétées ces dernières années, y compris cet hiver, la ville a développé un volet d’adaptation à la crise climatique. En s’inspirant du modèle chinois, et notamment de la ville de Wuhan, elle construit ainsi un « parc éponge », destiné à gérer le surplus d’eau en cas de fortes pluies, comme le souligne Michelle Oddy, qui coordonne le projet GrowGreen pour la ville.

Le concept des villes éponges vise à construire avec des matériaux qui permettent aux sols d’absorber l’eau, plutôt que de l’aiguiller dans des canalisations, avec des jardins plantés qui font office de réservoirs locaux.

D’une taille équivalente à trois terrains de football, le parc a pour mission d’essorer l’eau en excès dans la zone : il absorbera l’eau des rues avoisinantes, qui sera ensuite distribuée dans la terre et l’herbe afin de ne pas saturer le système de drainage. De vastes tranchées, des végétaux aquatiques et des marais devraient en faciliter la circulation et les arbres choisis seront aussi ceux qui sont adaptés à vivre les pieds dans l’eau.


Une comptabilité qui fait débat

Mais la comptabilité des émissions de la ville fait débat : les émissions des voitures entrant dans Manchester et des avions y atterrissant ne sont pas prises en compte, ce qui limite la validité des calculs. Pire, la ville détient une partie du capital de l’aéroport de Manchester, lequel prévoit d’étendre la surface de ses pistes d’atterrissage, ce que dénoncent les Amis de la Terre. Avec des investissements nettement plus importants : l’aéroport de Manchester a prévu d’investir un milliard de livres sur 10 ans pour devenir un vrai aéroport international.