Protéger les moineaux en regardant par la fenêtre


Certaines communes se sont lancées dans la création d'un Atlas de la biodiversité communales, comme la municipalité européenne de Lille. Un processus en phase avec la montée du sujet biodiversité.


Comptez-les moineaux de votre jardin ou de votre fenêtre : voilà ce que propose la communauté des 90 communes de Lille, la MEL, en tentant de tirer parti d’une des rares occupations possibles durant le confinement. Un projet poétique, qui est aussi une pratique courante chez les ornithologues : pour mieuxprotéger les oiseaux, encore faut-il avoir des connaissances sur leur population, leurs habitudes, leurs lieux d’habitation. Ils ont ainsi souvent recours à des amateurs et autres promeneurs du dimanche pour parfaire leurs connaissances sur le sujet. Une cinquantaine d’observateurs a visiblement pris l’habitude de renseigner ses observations sur une plate-forme dédiée.

Pour la MEL, il s’agissait de mieux connaître les « moineaux domestiques », une espèce courante mais dont les populations sont de moins en moins nombreuses. Et l’observation se fait sur la durée : les habitants peuvent déposer leurs témoignages jusqu’au mois de juin. Il s’agit d’une des initiatives d’un Atlas de la Biodiversité Communale que la communauté a mis en place avec l’Office français de la biodiversité, depuis 2 ans. Il comporte un volet flore, développé avec le Conservatoire de biologie national de Bailleul, et un volet faune, en association avec le Groupement ornithologique du Nord.

Les observations, de végétaux comme d’animaux, doivent à terme alimenter une carte interactive sur la biodiversité.

L’expérience montre que la biodiversité est en train de sortir de l’anonymat. Crise sanitaire oblige, la question des zoonoses fait prendre conscience de la fragilité de l’humain et de l’importance de préserver la biodiversité.