Évaluation immobilière dans le contexte du changement climatique 

Les changements climatiques sont nombreux : augmentation des températures, épisodes météorologiques extrêmes, montée du niveau de la mer, etc. Cette nouvelle réalité soulève un grand nombre d’enjeux pour toutes les filières, et tout particulièrement pour celle de l’immobilier et de la construction. Ainsi, il est légitime de se demander comment analyser un bien et déterminer sa juste valeur, alors qu’il sera probablement soumis aux aléas des changements climatiques. Pour cela, les experts immobiliers du CNE (Centre National de l’Expertise) devront faire preuve d’adaptation et de réflexion.

Le risque climatique et ses enjeux

Le risque climatique regroupe tous les risques liés au climat et à ses variations. Par exemple, on compte les aléas météorologiques comme les cyclones, les tempêtes, les sécheresses ou les inondations. D’autres changements, plus graduels et lents, tels que la hausse des températures ou l’élévation du niveau de la mer, sont également des menaces à considérer avec la plus grande attention.

Ces risques peuvent être qualifiés de chroniques quand ils résultent de changements graduels (hausse des températures, montée du niveau de l’eau), et d’aigus quand sont la conséquence d’un évènement extrême (tempête, cyclone, etc.). De façon générale, leur origine peut être naturelle ou exacerbée par l’activité humaine.

Les impacts du risque climatique concernent les écosystèmes, la biodiversité et notre société toute entière. La gestion de ce risque doit donc être une préoccupation importante pour toutes les générations, actuelles comme futures.

L’impact du changement climatique sur le secteur de l’immobilier

L’augmentation des risques météorologiques (mouvements de terrain, inondations, incendies, etc.) peut impacter de manière significative les biens immobiliers, notamment en rendant nécessaires des réparations au coût élevé. Le changement climatique peut impacter directement l’attractivité de certains biens ou zones géographiques, ce qui influence la valeur des biens immobiliers.

De plus, les logements jugés trop énergivores peuvent être stigmatisés par les lois et les règlementations ayant pour objectif de lutter contre les changements climatiques. Par exemple, la loi EC (loi relative à l’énergie et au climat) de 2019 et la loi Climat et Résilience de 2022 en font partie.

Puisque les espaces bétonnés se multiplient, entraînant ainsi un manque d’espaces verts, les villes seront les plus concernées par les différents phénomènes climatiques. Effectivement, elles forment des zones de chaleur, ce qui les rend sujettes au risque d’épisodes de fortes chaleurs, entraînant ainsi une multiplication des nuits caniculaires.

Tous ces éléments sont pris en compte par les acquéreurs avant de rechercher et d’investir dans un bien. Il est donc important de les considérer avec la plus grande attention lors des évaluations immobilières, afin d’estimer la juste valeur d’un bien souffrant du changement climatique.

Le rôle de l’expert immobilier en contexte de changement climatique

L’expert immobilier a pour rôle d’évaluer et d’estimer la valeur vénale d’un bien immobilier. Il doit donc prendre en compte l’ensemble des facteurs pouvant avoir un impact sur cette valeur, et le changement climatique en fait partie. En effet, celui-ci induit de l’érosion, des mouvements de sol, etc. Tout cela conduit à affecter les terrains et les bâtiments, et donc leur valeur globale.

L’immobilier neuf et le risque climatique

Dans un contexte de transition énergétique et de changement climatique, le secteur de la construction et de l’immobilier doit savoir s’adapter, en anticipant au mieux les éventuels risques climatiques lors de la conception des bâtiments. C’est notamment dans cette optique qu’a été mise en œuvre la RE 2020 (Règlementation Environnementale 2020). Celle-ci a pour objectif d’améliorer les performances énergétiques des bâtiments, tout en diminuant leur empreinte environnementale. L’objectif est de favoriser les constructions dites « bas-carbone », ainsi que l’intégration d’énergies vertes lors de la conception des logements. Ainsi, on privilégie les matériaux dont l’empreinte carbone est faible.