Supraways veut faire décoller le transport public

La start-up lyonnaise imagine des véhicules en suspension fonctionnant à l’énergie solaire. Prototype prévu pour les JO en 2024.

Le transport électrique ? Oui mais collectif. Et aérien. C’est l’idée de Supraways, une start-up lyonnaise qui veut généraliser un transport public de nouvelle génération, en accord avec les contraintes urbaines d’aujourd’hui. « Les gens veulent reprendre possession du sol, en marchant, à vélo. Nous avons une solution pour libérer le sol, et proposer un moyen de transport au-dessus de la mêlée » assure Claude Escala, directeur général de la start-up créée en 2015 à Lyon, qui a longtemps travaillé dans le solaire.

Un tranport public aérien et solaire

Et c’est d’ailleurs l’énergie principale qui serait utilisée pour faire fonctionner les « voitures » qui évolueraient sous des ombrières solaires, suspendues à quelques mètres du sol, sans conducteur. Les passagers, de 7 à 9 par véhicule, y monteraient selon leur destination. Et ce sans s’arrêter aux étapes, conçues comme des arrêts d’autoroute. Donc n’entravant pas la circulation des autres véhicules, qui pourraient évoluer de 30 à 120 km/h selon leur localisation géographique. « On envisage un flux de véhicules toutes les 5 à 7 secondes, c’est moins que sur l’autoroute où les véhicules sont souvent à seulement 1 seconde les uns des autres» assure le dirigeant.  Le projet prévoit de déplacer des personnes avant tout, et alors que 85 % de la demande de transport se déroule à des horaires prévisibles, les véhicules seraient répartis en fonction de la demande. Mais pour optimiser l’espace, Supraways envisage aussi de proposer des services de transport de marchandises. La nuit, des véhicules de fret pourraient prendre le relais des bruyants camions de livraison à moteur thermique.

Saint-Quentin en Yvelines en pole position

Pour l’instant, le projet est encore à l’état de concept. Six villes françaises ont manifesté leur intérêt, mais c’est sans doute Saint-Quentin en Yvelines qui serait le plus proche d’un partenariat. La ville fait face à un vrai enjeu pour relier le RER C à la zone Saint-Quentin High-Tech, où sont installées de nombreuses entreprises. Le lieu est donc souvent embouteillé, et les solutions de type tramway sont trop chères ou trop compliquées. Supraways envisage des infrastructures légères, avec un plot tous les 35 mètres, et un mode de fabrication ayant recours au préfabriqué, donc moins de travaux et moins de béton qu’un autre dispositif. La ville de Saint- Quentin a déjà mis un terrain à disposition de Supraways, pour développer un centre d’essai puis y construire sa première boucle interconnectée sur un peu plus d’un kilomètre. Supraways recherche actuellement un partenaire dans l’industrie automobile pour construire le pilote d’une cabine, et espère avoir un prototype à montrer en 2024, pour Paris 2024.