Îlots de chaleur urbains : simplifier l’aide à la décision

A Lyon, l'aménagement d'une place a réduit le score ICU de 9%. Photo E6

E6 propose un outil plus accessible que la modélisation numérique pour visualiser les situations avant/après. Et peaufiner l’aménagement d’une place, un quartier ou une zone d’activité.

« Les îlots de chaleur urbains représentent encore un marché de niche », affirme Olivier Papin, en charge de l’innovation au sein du bureau d’études E6 (groupe Nepsen). A mesure que se multiplient les canicules cependant, ce phénomène, qui génère des différences de températures importantes entre centres-villes et périphérie, exacerbées en périodes de fortes chaleurs, devient un enjeu de confort, de santé publique et de consommation énergétique. Les collectivités, aménageurs, architectes paysagistes et bureaux d’études s’y intéressent donc de plus en plus.

Pour transformer cette niche en marché de masse et faire en sorte que toujours plus d’acteurs connaissent, comprennent et tiennent compte de ce phénomène, E6 a élaboré un outil « de sensibilisation et de dialogue ».

Compétence internalisée

Le score ICU (îlot de chaleur urbain) permet de visualiser rapidement et à peu de frais la situation avant/après un aménagement. Et de faire des choix en conséquence, en termes de matériaux utilisés, d’arbres à planter, de points d’eau etc.

La technique traditionnelle de modélisation numérique (que propose également E6) exige l’utilisation d’un logiciel coûteux et un temps de calcul de 5 à 10 jours.

A l’inverse, une journée suffit pour se former à l’utilisation du Score ICU. « Nous ne sommes pas dans un mode de commercialisation sous licence, explique encore Olivier Papin. La mise à disposition de l’outil est incluse dans le coût de la formation (800€HT/personne) et la compétence rapidement internalisée et intégrée à l’ingéniérie du paysagiste, l’urbaniste ou l’architecte.

« Notre objectif est d’abaisser au minimum les barrières à l’entrée et de faciliter le dialogue entre les acteurs de l’aménagement », souligne Olivier Papin. Cet outil très simple peut par exemple donner des arguments pour aller au-delà des PLU si cela se traduit par une réelle amélioration du confort urbain.

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Tranches de couleurs

Un plan masse découpé en tranches de couleurs différentes selon la température permet de visualiser le projet. Compris entre 1 (correspondant à une forêt) et zéro (un désert), les scores obtenus avant/après résultent des matériaux, de l’ensoleillement, de la présence de nature ou d’eau, et varient selon les choix effectués. Il suffit de les comparer pour vérifier si l’aménagement prévu se solde par une amélioration ou une aggravation de l’effet îlot de chaleur. L’étude peut porter sur de petites surfaces telles qu’une place, jusqu’à des quartiers entiers et même des zones d’activités de 35 hectares. Dans ce dernier cas, des données satellites complètent l’analyse.

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Si la modélisation numérique se veut plus précise que le score ICU, qui affiche précisément un objectif de simplification, ce n’est pas le cas pour toutes les données. « Pour le vent par exemple, un outil de modélisation numérique utilisera les données de la station météo la plus proche, mais elles sont très différentes de ce qui se passe en centre-ville. »

D’ailleurs, en dehors de toute considération financière, certains clients d’E6 affichent leur préférence pour les résultats fournis par le score ICU.

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