S’inspirer de la nature pour aménager la ville

Le projet européen Nature4Cities dispose d'un budget de 7,5 millions d'euros pour développer une plateforme interactive à destination des acteurs de la ville. /Nature4Cities

Une nouvelle plateforme en ligne recense 57 solutions basées sur la nature en milieu urbain. Le but : aider au développement de projets écologiquement, économiquement et socialement vertueux. 

Mettre en ligne une plateforme interactive pour encourager les « solutions basées sur la nature » en milieu urbain. C’est le défi de Nature4Cities, qui verra le jour en avril prochain . Financé par le programme européen de recherche et d’innovation Horizon 2020, le projet réunit depuis quatre ans un consortium de 27 partenaires.

NOBATEK/INEF4, centre privé de recherche appliquée, pilote et coordonne le projet. « Les deux premières années ont été consacrées à la définition des solutions, qui concernent un large panel ainsi qu’à leur cadre d’évaluation », explique Stéphanie Decker, cheffe de projet construction durable.  Trame verte et bleue, toit végétalisé ou ferme urbaine : 57 solutions ont été retenues, en lien avec l’écologie mais aussi selon des critères sociaux et économiques. Pour chacune d’elles, une fiche descriptive est mise à disposition, affichant durée de vie, réglementation ou encore comparaison avec des solutions alternatives. 

4 villes européennes pilotes 

Surtout, Nature4Cities proposera des outils d’évaluation simplifiés de ces techniques. Pour cela, quatre villes pilotes ont été choisies – Milan (Italie), Çankaya (Turquie), Szeged (Hongrie) et Alcala de Henares (Espagne) -, pour expérimenter des projets pionniers. « Nous collectons des retours d’expérience pour identifier des pistes d’amélioration », explique-t-on à NOBATEK/INEF4. L’évaluation concerne les impacts positifs et négatifs des solutions. Ainsi, les murs végétalisés, qui impliquent l’utilisation d’une résille métallique, peuvent présenter certains impacts environnementaux négatifs qui doivent être estimés pour améliorer leur conception. « En parallèle, ils apportent des bénéfices en termes de confort acoustique, thermique du bâtiment et de microclimat urbain », explique Stéphanie Decker. L’objectif est de dresser une méthodologie simplifiée et accessible, pour garantir le bénéfice global de chaque solution.

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A l’agrocampus d’Angers, partenaire du projet, huit chercheurs ont également travaillé sur les effets des solutions retenues. « Chacune s’est vu attribuer une notation après des tests en laboratoire », détaille le professeur Patrice Cannavo. Ce dernier a par exemple planché sur l’impact des parcs urbains sur la qualité du sol, depuis leur taux de pollution jusqu’au stockage souterrain de l’eau. Pour compléter les données récoltées et alimenter la future plateforme, les villes pilotes ont transmis leurs propres données. 

Stockage de carbone des parcs

Concrètement, différents champs devront être renseignés dans Nature4Cities pour évaluer l’impact d’un projet. « S’il souhaite connaître le taux de stockage carbone annuel d’un parc, un utilisateur devra entrer le nombre d’arbres, leur âge, taille et type, avant d’obtenir des données issues de calculs informatiques », développe Stéphanie Decker. Plusieurs scénarios pourront être construits et comparés pour l’aider dans sa décision. Nobatek a notamment développé un modèle pour évaluer l’impact d’une solution sur l’ensemble de son cycle de vie. Via des analyses de variations paramétriques, le centre a retenu une dizaine de paramètres à fournir, par exemple sur les matériaux utilisés, pour en estimer l’impact environnemental. « En revanche, si le porteur du projet ne dispose pas de suffisamment de données, l’évaluation sera imprécise », explique Patrice Cannavo. 

Surtout, comme tout outil développé dans un contexte particulier, celui-ci ne sera pas valable partout. « Si l’utilisateur souhaite aller plus loin ou s’intéresse à un contexte différent de ce qui a été étudié dans nos évaluations, il lui faudra demander une prestation à un expert via une consultation dédiée », précise Stéphanie Decker. 

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Article réalisé en partenariat avec la Fondation Heinrich Böll