OneHome veut mettre l'émotion au service de l'environnement


Recourir à l’émotion pour prendre conscience du bien commun : c’est l’expérience que lance le projet OneHome pour la Journée de la terre, le 22 avril.


« Nous sommes dans l'inconcevable, mais avec des repères éblouissants » écrivait René Char. Au rang desquels figure la planète vue du ciel : selon de nombreux astronautes, la Terre vue de l’espace suscite une émotion toute particulière. Un phénomène décrit de façon si récurrente qu’il a été baptisé l’« overview effect ». La prise de conscience de la fragilité et de la beauté de la Terre déclenche chez ces témoins privilégiés et confinés dans leur capsule spatiale un profond élan affectif, voire amoureux. Le même sentiment que l’on ressent en rentrant à la maison après de longues vacances : « home sweet home ». Percevoir la planète comme une maison commune peut permettre de l’habiter différemment. C’est cet élan que le projet OneHome veut démocratiser, en lançant pour la Journée de la Terre le 22 avril une vidéo quotidienne donnant à voir la terre en direct, grâce à des images d’un satellite positionné à 1,5 million de kilomètres de la terre, entre le soleil et nous. Des images qui ont été projetées au début de la dernière réunion de la Convention citoyenne sur le climat, lors de laquelle les membres ont décidé de communiquer rapidement des recommandations au gouvernement.


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« Alors que la moitié de la planète est confinée à la maison et en état de choc, nous pensons que c’est un bon moment pour projeter la beauté de la terre » explique Jean-Pierre Goux, le fondateur du projet. Tous les jours, le site OneHome diffusera de nouvelles images commentées par une personnalité : astronautes, scientifiques, environnementalistes, politiques. Les scrutateurs de la planète pourront ensuite déposer des messages qui apparaîtront sur l'image en fonction de la localisation de l'émetteur. Dans une seconde phase, OneHome veut créer des rendez-vous communs, en direct, pour que l’observation de la planète puisse se faire simultanément.

« L’overview effect est plus fort quand la terre est regardée à plusieurs » raconte Jean-Pierre Goux, qui a quitté les marchés financiers pour se consacrer à sa passion pour la fiction et l'environnement. Auteur d’un thriller géopolitique palpitant, Siècle bleu, et à l’origine de l’application BlueTurn qui montre sur smartphone la terre en mouvement, le mathématicien est persuadé qu’ « on ne pollue pas une terre dont on est amoureux ». A condition de rêver. « Le Conseil national de la résistance était comme confiné, contraint de se cacher. Il en est sorti un projet ambitieux, ils ont réalisé leurs rêves avec le droit de vote des femmes, l’électricité pour tous, la sécurité sociale. C’était un rêve devenu collectif, c’est plus porteur que d’être dans des luttes clivantes entre bons et méchants » assure-t-il.

Dans la première video, l’astronaute Jean-François Clairvoy propose de « gérer la terre comme un vaisseau, comprendre comment elle fonctionne avec ses ressources comme on le fait avec une station spatiale de façon à ce qu’elle ne manque de rien ». Tout un programme à voir sur Instagram et Facebook.